
Acompte et arrhes en droit civil polonais – différences, effets juridiques et restitution des sommes
6 juillet 2026

Maria Czechowska-Kowalczyk
Conseiller juridique (avocat)
Dans la pratique de la conclusion des contrats de droit civil en Pologne, se pose très souvent le problème de la distinction correcte entre les notions « acompte » et « arrhes ». Bien qu’elles soient fréquemment utilisées de manière interchangeable dans le langage courant, en droit civil polonais elles ont une signification totalement différente et produisent des effets juridiques distincts, notamment en cas d’inexécution ou de résiliation du contrat. Une bonne compréhension de la différence entre l’acompte et les arrhes revêt une importance pratique essentielle, car elle influence directement la question de savoir si les sommes versées peuvent être remboursées et, le cas échéant, dans quelle mesure.
L’acompte n’est pas directement réglementé par le Code civil, mais en pratique il est considéré comme une partie du paiement versé à valoir sur l’exécution future du contrat, le plus souvent sur le prix ou la rémunération. Sa principale caractéristique est qu’il a un caractère de règlement et non de garantie. Cela signifie que l’acompte est en principe remboursable si le contrat n’est pas exécuté, quelle qu’en soit la raison, sauf si les parties en ont convenu autrement dans le contrat. L’acompte ne remplit pas de fonction sanctionnatrice et n’entraîne pas de conséquences financières supplémentaires pour la partie défaillante ; son importance pratique est donc nettement plus faible que celle des arrhes.
Les arrhes ont en revanche une nature juridique différente et sont régies par l’article 394 du Code civil. Les arrhes constituent un mécanisme ayant une fonction de garantie de l’exécution du contrat et visent à inciter les parties à respecter leurs engagements. Lors de la conclusion du contrat, l’une des parties remet à l’autre une somme d’argent à titre d’arrhes, ce qui produit des effets juridiques différents selon que le contrat est exécuté ou non. Si le contrat est correctement exécuté, les arrhes sont imputées sur le prix ou la rémunération. En revanche, si l’inexécution du contrat est imputable à la partie qui a versé les arrhes, l’autre partie peut les conserver. Si, au contraire, l’inexécution est imputable à la partie qui a reçu les arrhes, l’autre partie peut en demander le remboursement au double. Dans les cas où l’inexécution n’est imputable à aucune des parties, les règles générales s’appliquent et les arrhes doivent en principe être restituées.
La différence principale entre l’acompte et les arrhes réside donc dans leur fonction et dans leurs effets juridiques en cas d’inexécution du contrat. L’acompte a un caractère purement de règlement et est, dans la majorité des cas, remboursable, tandis que les arrhes ont une fonction de garantie et peuvent conduire soit à la conservation des sommes versées, soit à leur restitution au double, selon la partie responsable de l’inexécution du contrat. En pratique, il est également essentiel que les juridictions ne se fondent pas uniquement sur la dénomination utilisée dans le contrat, mais examinent la véritable intention des parties ainsi que la fonction de ce paiement.
En conséquence, afin d’éviter les litiges et les malentendus, il est extrêmement important de préciser clairement dans le contrat si la somme constitue un acompte ou des arrhes, ainsi que de définir précisément les modalités de son éventuel remboursement. L’absence de telles stipulations peut entraîner des conséquences financières importantes et des litiges judiciaires, en particulier dans les relations commerciales et les contrats portant sur des montants élevés.
L’utilisation consciente de ces institutions permet de protéger efficacement les intérêts des parties et de réduire le risque de conflits résultant de l’inexécution du contrat.